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Développement de l’enfant

L’approche Snoezelen ou comment créer avec les enfants un espace en incluant tous les sens ?

Une bulle pour se détendre, se sentir en sécurité et s’éloigner momentanément de l’agitation.

Du bain multi-sensoriel au chariot « Snoezelen » vendu chèrement dans les catalogues de matériel éducatif… Y a-t-il de la place pour penser une adaptation réfléchie et sensée de cette approche dans les lieux d’accueil de l’enfance ?

Interviewée par Mathilde Cavelier dans un article de la revue "Métiers de la petite enfance", Catherine Meyer-Heine Lefèvre, psychomotricienne, nous livre des pistes qui pourront nourrir la réflexion des équipes… car le coûteux chariot pourrait tout aussi bien être remplacé par un tapis de feuilles mortes !

L’approche Snoezelen s’est fait connaître dans les années 70 aux Pays-Bas par des thérapeutes intervenant dans le monde du handicap. L’objectif était de proposer une ambiance polysensorielle et sécurisante pour des personnes parfois gravement empêchées sur le plan de la communication et du développement sensoriel.

Avec Marc Thiry, psychomotricien et haptonome français, le concept évolue dans le sens que cet espace peut également être conçu dans un espace naturel.

L’élément fondamental de l’approche Snoezelen étant la relation, toute création d’un espace devra tenir compte de cet aspect central.

On l’aura compris, le choix du matériel et l’ambiance que l’on veut créer ne peut se faire sans une profonde réflexion sur la disponibilité et l’attention des professionnel·les qui assureront une présence et la sécurité affective des enfants.

« L’approche non-directive offre au tout-petit un espace-temps sécurisé et de confiance où il est libre d’explorer à sa manière par le biais de sa sensorialité. Elle permet de vivre une relation à l’autre et avec soi-même de communication privilégiée. (…) Cette approche ne se décline pas d’une unique et même façon. Elle peut ouvrir sur des espaces blancs et zen, noirs de concentration oculaire et favorisant l’imaginaire, interactifs, une salle d’eau ou l’extérieur. »

L’auteure de l’article décrit les diverses manières d’envisager la mise en place d’un espace sensoriel Snoezelen. Contrairement à ce que nous observons souvent dans les lieux d’accueil, il n’est pas nécessaire de dépenser de l’argent pour acheter un matériel standardisé, coûteux et souvent… peu écologique. On peut imaginer le grand potentiel et l’intérêt des objets de récupération et des éléments naturels : des guirlandes de coquillages qui s’entrechoquent, un tapis de mousse ou de feuilles mortes, un tipi ou une cabane, des idées qui évolueront de manière créative si les enfants peuvent amener leur contribution.

Vos locaux vous semblent trop petits ? N’hésitez pas à considérer l’espace extérieur qui est si riche en découvertes multisensorielles ! Et ne vous inquiétez pas pour les entreprises de vente par correspondance qui trouveront d’autres débouchés…

« Cette approche vit et change. Elle s’adressait, au début, à des personnes déficientes mentales, puis à des personnes âgées ainsi qu’à des adultes et des enfants polyhandicapés. Elle s’ancre dans la relation à l’individu. Son évolution en fonction du public accueilli est aussi indéniable que nécessaire. »

 

Cavelier, M., Meyer-Huene, C. (2024), L’approche Snoezelen en petite enfance semble aujourd’hui une évidence mais il y a dix ans personne ne l’envisageait, In : Métiers de la petite enfance, no 335, pp. 10-12