Médiathèque

Repéré pour vous

Pédagogie inclusive

La lecture à voix haute, une pratique inclusive au cœur de l’accueil de l’enfance

À l’occasion de la Journée suisse de la lecture à voix haute qui a lieu chaque année au mois de mai, le CREDE met en lumière une pratique accessible à chaque enfant, qui favorise le lien, l’expression des émotions et une participation pleine, quels que soient le développement ou les besoins spécifiques.

Dans les structures d’accueil de jour, la lecture accompagne souvent les moments de calme ou de transition. Elle aide les enfants à se concentrer, à se rassembler et à entrer progressivement dans le langage écrit. Pourtant, elle ne se limite pas à ces fonctions. Elle crée aussi un espace de rencontre où chaque enfant peut trouver sa place, quelles que soient ses capacités.

La lecture à voix haute ne repose pas uniquement sur la compréhension des mots. Elle passe par la voix, le rythme et la présence de l’adulte. Les intonations, les silences et les gestes donnent vie à l’histoire [1]. Les émotions circulent entre les enfants : un rire se partage, une surprise se transmet, une tension se ressent ensemble. Ainsi, chaque enfant peut vivre ce moment, même sans comprendre tout le texte.

Certaines idées freinent encore cette pratique. Des professionnel·les hésitent à proposer des livres à des enfants rencontrant des difficultés d’attention, un retard de développement ou un fonctionnement neuroatypique. Pourtant, la lecture reste bénéfique pour tous. Elle ne dépend pas uniquement de la compréhension de l’histoire. Le lien avec l’adulte, la répétition et les sensations vécues jouent un rôle essentiel.

Le choix des livres mérite une attention particulière. Les adultes se basent souvent sur la longueur du texte ou la complexité des images. Cependant, l’important reste l’intérêt de l’enfant. Un album simple peut captiver par ses illustrations. Un livre sans texte peut ouvrir la porte du récit à un enfant non verbal. La répétition, parfois jugée monotone, apporte au contraire un repère rassurant et sécurisant.

Considérons donc que l’inclusion par la lecture ne consiste pas seulement à proposer des livres sur la différence. Elle se construit surtout dans le partage d’histoires variées, accessibles à tous. Chaque enfant peut ainsi vivre une expérience commune et se sentir pleinement inclus.

– Des supports adaptés permettent d’aller plus loi [2]. Certains livres répondent à des besoins spécifiques : formats tactiles ou en braille, textes en grands caractères, mises en page simplifiées, pictogrammes ou langue des signes. Ces adaptations facilitent l’accès à la lecture et enrichissent les possibilités offertes aux enfants. Elles ouvrent des chemins différents vers le plaisir des histoires [3].

– Certaines approches intègrent aussi une dimension sensorielle [4]. Les enfants peuvent toucher des matières, écouter des sons ou découvrir des odeurs en lien avec le récit. Ces expériences renforcent l’immersion et permettent à chacun d’entrer dans l’histoire à sa manière.

Au quotidien, la lecture à voix haute s’adapte au rythme de chaque enfant. Manipuler le livre, revenir en arrière ou simplement observer les images font pleinement partie de l’expérience. L’essentiel ne réside pas dans le fait de terminer l’histoire, mais dans la qualité du moment partagé.

La lecture à voix haute apparaît ainsi comme une pratique accessible et inclusive. Elle dépasse les différences et rappelle que chaque enfant peut entrer, à sa façon, dans le monde des histoires.

 

Participez à la Journée nationale de la lecture à voix haute en vous inscrivant sur le site : https://journee-de-la-lecture.ch/fr/

 

[1] Bonnafé, M. (2011). Les livres, c’est bon pour les bébés. Paris : Fayard.

[2] C lavier, C. (2018). Lire sans le regard. Le sujet dans la cité, 8(2), 103-118

[3] Fonds édition jeunesse accessible (eja) une page proposée par Bibliomedia.

[4] Histoires à ressentir, une page proposée par Bibliomedia.

 

Pour aller plus loin :

L’Agence quand les livres relient. (2012). Quand les livres relient. Toulouse : Érès.