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Comment la pensée critique vient aux enfants

Un bébé qui vit un attachement sécurisant, un tout-petit et son éducateur qui échangent sur leurs émotions lors d’une lecture partagée, un adulte qui offre le modèle de quelqu’un qui reconnaît ses erreurs… Cet article souligne l’importance de certaines attitudes éducatives favorisant la liberté de penser.

En retraçant les étapes fondamentales du développement psychique de l’enfant, l’auteure de l’article interroge Golse, qui rappelle qu’un attachement secure est la base nécessaire pour que l’être humain puisse un jour explorer le monde et affirmer ses propres idées. Du côté des adultes, il s’agit de répondre aux désirs émis par le tout-petit sans aller dans l’attitude extrême de tout accepter : légitimer le désir et ensuite frustrer lorsque c’est nécessaire. En résumé, mettre en place un style éducatif souple et contenant.

Les enfants grandissent par mimétisme. Parents et éducateurs doivent donc s’appliquer à montrer qu’il n’y a pas de pensée unique et standardisée. Pour que l’enfant s’autorise à remettre en cause les propos des adultes, il est indispensable qu’ils acceptent d’être faillibles et de le reconnaître devant lui. (Humbeeck). Expliquer aux enfants que l’adulte peut se tromper, que ses prises de position peuvent évoluer sert également, en terme de prévention, à pouvoir mettre en doute plus tard ce qui se dit sur internet et sur les réseaux sociaux, à résister aux fake news, par exemple.

Vers l’âge de 4-5 ans, se met en place la théorie de l’esprit ; Golse cite cette étape comme celle qui va permettre à l’enfant de se distancer de ses parents, comprendre que « l’autre » peut avoir sa pensée et ses émotions propres. Mais, selon cet auteur, c’est déjà vers 15 mois que l’enfant commence à percevoir que l’état mental de l’autre ne correspond pas au sien ; d’où l’importance des temps de lecture partagée qui donnent l’occasion aux deux partenaires d’échanger sur les émotions ressenties : J’ai l’impression que tu as peur du loup ? Moi… il me fait rire !

La dernière proposition est une gageure pour les adultes comme pour les enfants : apprendre au cerveau à résister aux idées toutes faites. Par des jeux comme 1.2.3 Soleil, Jacques-a-dit, ou par le jeu des trois figures de Tisseron, l’idée est d’entraîner l’enfant à inhiber son propre point de vue, égocentré, pour activer celui de l’autre. (Houdé).

Un article passionnant que je vous invite à lire, comme chaque dossier de cette excellente revue française, qui nourrira de ses richesses les professionnels de la petite enfance et du parascolaire !

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L’école des parents, no 638 (janvier-février-mars 2021), pp. 28-34

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