Quand la girafe danse avec le chacal

Ou comment passer du «Est-ce que tu vas enfin finir par m’écouter !» au «Pourrais-tu me dire ce que tu as entendu ?».

Selon Marshall Rosenberg, médiateur mondialement reconnu et fondateur de la Communication Non Violente [1], notre société nous a transmis la culture du reproche et nous avons donc tendance à incriminer nos semblables et à les agresser lorsque nos besoins ne sont pas satisfaits. Les formations en CNV ont émergé de sa quête à trouver comment proposer rapidement un savoir faire pour contribuer à l’avènement de la paix dans le monde. Et si on essayait déjà de contribuer à maintenir la paix dans nos UAPE et APEMS ?

Il existe bien sûr des facteurs organisationnels favorisant ou non des relations apaisées au sein d’un groupe. Tenir compte des besoins de chaque enfant dans un collectif ne va pas sans tensions. Mais certains éléments peuvent « mettre de l’huile dans les rouages ». Il en va ainsi du jeu. Selon l’anthropologue Jacques Barou [2], une société équilibrée est une société où l’on joue car le jeu sublime les pulsions antagonistes et les désirs de destruction. Il a une fonction à la fois régulatrice et créative. Pour Vygotski, l’intérêt du jeu dans l’acte éducatif se situe dans la possibilité pour l’enfant d’apprendre dans le groupe et par le groupe et ainsi de s’approprier les systèmes fondamentaux de sa culture. Le jeu a été perçu très tôt par les pédagogues comme un facteur de stimulation de l’imagination tout autant que comme un moyen de faire intégrer les règles de comportements indispensables à la vie en collectivité. Les règles du jeu sont souvent imposées par les éducateurs-trices mais il existe des possibilités de laisser les enfants les construire eux-mêmes. Dans les jeux à règles très prisés par les enfants entre 6 et 12 ans, les jeux coopératifs [3] étayent le sentiment d’appartenance à un groupe sans inciter à la compétition ou à la mise en valeur de l’individu au détriment de la vie sociale du groupe. On réfléchit avec les autres pour parvenir à un but et, si c’est le cas, on se réjouit ensemble d’avoir mené à bien ce projet commun.

Mais revenons à nos moutons. La responsabilité de l’adulte dans le maintien de conditions de paix dans le groupe, envers ses collègues et envers les enfants se situe aussi dans sa façon de communiquer. Les objectifs de la Communication Non Violente sont de demeurer à l’écoute des besoins de son interlocuteur-trice et d’exprimer les siens dans une démarche authentique, constructive et bienveillante. Les quatre étapes essentielles pour les atteindre sont les suivantes : observer sans juger, exprimer ses sentiments sans interpréter, parler de ses besoins sans passer tout de suite aux stratégies et demander sans exiger. Si ces principes fondamentaux d’écoute et d’empathie semblent bien simples, leur application sollicite un sérieux investissement.

[1] JUNIER, H. (2015), La « communication non violente » : une utopie », dans Le cercle psy, no 22, pp. 20-21
[2] BAROU, J. (2008/2009), Jeux interdits, dans L’école des parents, no 575, pp. 36-38
[3] VAN LANGENDONCKT, M. (2008/2009), Gagner seul ou ensemble, dans L’école des parents, no 575, pp. 30-32

• RUST, S. (2008), Quand la girafe danse avec le chacal : Les quatre temps de la Communication Non Violente, Genève-Bernex : Jouvence

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