Les Grandes Questions des Ecoliers

Préambule

Dans notre ligne pédagogique, nous avons décidé de mettre en avant le thème des « grandes «questions que peuvent se poser les enfants que nous accueillons, âgés de 4 à 6 ans.

En effet, il nous arrive régulièrement que les enfants nous posent des questions pour lesquelles il nous est parfois difficile de répondre.

La difficulté peut être liée à des raisons diverses :

  1. Soit il est nécessaire de trouver une réponse adaptée à l’âge, soit au niveau de la compréhension et d’acceptation de l’enfant.
  2. Soit parce qu’il n’existe pas de réponse unique. La réponse peut varier en fonction des croyances, des valeurs, des idées, des convictions, etc., de chacun.
  3. Soit parce qu’en tant que EDE nous estimons que certaines réponses appartiennent davantage aux parents (à la famille proche) qu’au lieu d’accueil.

Nous ne pouvons néanmoins pas nous contenter de nous réduire à cela et d’ignorer les propos de l’enfant.

Il nous semblait donc nécessaire de pouvoir imaginer « un lieu », « un pont », « un support » qui relie la famille, l’équipe éducative et l’enfant avec ses questionnements.

Nous avons donc décidé de mettre en place dans le couloir un espace appelé *Le petit coin des GRANDES questions*. Visible de tous, coloré, sur le passage des arrivées et des départs, ce panneau est pour nous un lieu qui permet aux parents de voir les questions que les enfants du groupe se posent et il est un endroit qui permet l’échange entre parents/éducs/et enfants.

Nous avons également pensé à une définition de ce qu’est pour nous une grande question d’enfant. Voici ce qui en est ressorti: C’est quoi une grande question !?

Une grande question pour nous, c’est, par exemple :

  • Est-ce que Dieu il existe ?
  • Comment on fait pour croire en Dieu ?
  • Dieu il habite où ?
  • Est-ce qu’une fille peut être amoureuse d’une fille ?
  • On va où quand on est mort ?

Ces questions n’ont pas de réponse unique. Ces questions ne peuvent pas obtenir pour réponse un simple « vrai-faux » ou un « oui-non ». Ces questions ont pour réponse un développement que n’est pas toujours aisé pour les éducatrices. En effet, la plupart sont propres aux croyances, à la sensibilité et à l’éducation de chacun. Les éducatrices ne peuvent pas aborder ces sujets de manière légère. Les parents sont alors de précieux partenaires.

Notre volonté était de dire : « LES QUESTIONNEMENT DE VOS ENFANTS SONT LEGITIMES ET MERITENT D’ETRE PRIS EN CONSIDERATION, NOUS AVONS BESOIN DE VOUS, DE SAVOIR CE QUI EST EXPLIQUE A LA MAISON, QUELLE EST VOTRE OUVERTURE PERSONNELLE FACE A CE TYPE DE SUJETS. DE PLUS NOUS AVIONS LE BESOIN DE METTRE EN AVANT LE PRINCIPE QUI TEND A DIRE QUE CHACUN A LE DROIT DE
PENSER D’UNE MANIERE DIFFERENTE. LE RESPECT DES OPINIONS DE CHACUN NOUS TENAIT A CŒUR DANS CETTE DEMARCHE ».

1. Rôle de l’éducatrice

  • Donner de l’importance aux questions des enfants. Etre à leur écoute et leur témoigner de la considération.
  • Accepter que les EDE aient des limites dans leurs capacités et leurs possibilités de réponses.
  • Prendre conscience que certaine questions n’ont pas de réponses uniques et que certaines réponses appartiennent plus aux parents et à la famille qu’au lieu d’accueil.
  • Adopter une attitude non jugeante et permettre à l’enfant d’avoir confiance en lui lorsqu’il a des questionnements, (ex : il n’y a pas de questions idiotes. // on a le droit de poser des questions et d’avoir des doutes ou des incompréhensions)
  • Utiliser l’espace */e petit coin des grandes questions* avec les enfants, les familles et lui donner de la valeur.
  • Se questionner soi-même sur ses croyances, ses valeurs, ses réponses et ses actions professionnelles afin de se situer sans se limiter à sa propre vision. Mieux se connaître tout en témoignant de l’ouverture aux différences.
  • Favoriser un climat agréable et détendu afin que les questionnements ne soient pas vécus comme pesants ou gênants, (ex : même si certaines questions « dérangent » elles ont le droit d’être posées.)

2. Travail avec les enfants

  • Autoriser l’enfant à poser des questions.
  • Sécuriser l’enfant sur le plan affectif et émotionnel en considérant ses questionnements et en ne les jugeant pas.
  • Permettre à l’enfant d’être acteur de son développement (Que sais-tu déjà de ce sujet ? Qu’imagines-tu comme réponse possible à ta question ? Penses-tu que d’autres personnes peuvent avoir d’autres idées que les tiennes ? etc.) C’est-à-dire entrer avec l’enfant dans un dialogue qui a du sens pour lui (adapté au niveau où il se trouve actuellement) et ne pas vouloir lui donner des réponses toutes faites mais davantage lui poser des questions ouvertes qui lui permettront de se positionner personnellement dans ses réponses. En cas de blocage, induire l’enfant, donner des exemples mais tout en gardant un esprit d’ouverture face aux possibilités variées de réponses.
  • Offrir une place à chaque enfant, inviter les plus timides ou les plus discrets à pouvoir également donner leur opinion. Travailler à la fois sur le verbal (Je pose une question /je donne mon avis) et à la fois sur l’écoute (je me tais parfois pour entendre ce que les autres ont à dire).
  • Donner de l’importance aux questions des enfants, et les mettre en lumière, aux yeux de tous, dans le petit coin des grandes questions.

3. Travail avec les familles

  • Informer les parents de ce que les enfants vivent à la garderie. Par exemple, si des sujets tels que la mort, la sexualité ou la religion sont discutés dans la journée, pouvoir informer les parents des questionnements actuels d’une partie ou de l’ensemble du groupe. Créer le lien entre le vécu au sein du CVE et la maison.
  • Proposer aux parents de regarder de temps à autre *Le petit coin des grandes questions* et de demander aux EDE s’ils ont des incompréhensions ou des questionnements afin de favoriser l’échange et le dialogue.
  • Aider à désamorcer certaines peurs ou craintes que certains parents peuvent avoir. Par exemple : Est-ce que c’est normal que mon enfant pense ça ? Est-ce que mon enfant est normal s’il se pose ce type de questions ? etc. Ne pas faire des questions des tabous. Rassurer le parent, démontrer grâce au panneau que les grandes questions touchent de nombreux enfants du groupe, ce qui démontre « une normalité » pour cette tranche d’âge. Inviter le parent à dialoguer avec son enfant. Inviter le parent à transmettre ses propres valeurs à son enfant tout en l’autorisant à avoir lui aussi ses propres idées malgré son jeune âge. Inviter le parent à parler avec l’équipe éducative si besoin ou envie. Eviter les jugements même si les familles ont des valeurs ou des croyances différentes de l’équipe éducative.

4. Travail avec les collègues, les équipes et la direction

  • Communiquer et faire circuler les informations reçues, soit sous forme écrite, soit lors des colloques hebdomadaires.
  • Informer les autres équipes de l’institution et la direction du projet qui a été mis en place et son (ses) but (s).
  • Lorsqu’un projet tel que celui-ci est mis en place et est accepté de l’ensemble de l’équipe, espérer de chaque membre une participation.
  • Ne pas se limiter à penser que l’outil (ici le panneau) est LA solution en soi. C’est l’usage que l’équipe en fait et la valeur qu’elle lui donne qui lui apporte tout son sens. Un outil peut toujours être revu, rediscuté ou modifié.

5. Travail avec des instances externes.

  • S’informer de projets similaires qui sont mis en place dans d’autres lieux ou de spectacles et représentation en lien avec ce thème qui pourraient être intéressants pour l’équipe éducative et les enfants.
  • Demander l’accord à la direction avant toute démarche vers des instances externes.

L’équipe du groupe des écoliers de l’Ancien-Stand, Lausanne

 

Et voici encore le « Croque souci » ! Les enfants qui le désirent peuvent à tout moment aller le voir et lui déposer un dessin ou une question. Il n’en veut à personne et peut tout avaler.

JBW

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