Les Chevaliers de la Bourdonnette ou la réalisation d’un projet artistique en APEMS

frise_chevaliers_s Il était une fois un projet initié et conduit par Frédéric Bellenot et Michael Facchin à l’APEMS de la Bourdonnette à Lausanne, dans ce même quartier reconnu pour sa grande mixité culturelle. Il est maintenant un conte fantastique et universel, écrit et illustré par et pour des enfants. Mais de quoi s’est-il agit entre 2014, année de l’origine du projet, et 2016, celle de son accomplissement sous la forme d’un album de littérature jeunesse?

De création bien sûr, pour chacun des enfants qui ont imaginé et développé l’histoire, participé à sa narration et son écriture et dessiné les illustrations. Aux adultes de reconnaître le style et la sensibilité propre à chacun. « Dans le cas de l’enfant, la sensibilité est entière. Et cette même entièreté, il est capable de la mettre au profit d’une œuvre – il est capable de mettre en place un dispositif qui lie son désir à sa vision, et de les transmettre sous la forme d’une proposition ; c’est-à-dire faire de l’art. »(1). Création aussi pour les adultes déterminés à créer des espaces temps favorables à l’existence de ce projet.

D’éducation globale, celle qui permet à chaque enfant, chaque jeune et chaque adulte de se construire tout au long de sa vie et qui ne peut exister sans un même projet éducatif des différents membres de la communauté éducative (l’école, les collectivités locales, etc.). Une éducation qui exige des temps communs pour penser, échanger, élaborer ! Les enfants de l’APEMS ont réalisé l’histoire et les enfants de l’école (dont certains ont aussi écrit le conte à l’APEMS) l’ont illustrée. Rencontre entre le scolaire et le parascolaire, plutôt rare sur le terrain alors que les deux champs s’occupent du développement du même enfant. Les représentations mutuelles sont à travailler, les stéréotypes à déconstruire, la culture de l’autre à reconnaître et à accepter, différente de la sienne mais tout aussi légitime (2).

De participation : ces  temps d’apprentissages partagés, situés au croisement de l’activité de plusieurs professionnel-les de l’éducation et l’implication des enfants dans l’élaboration du projet sont des conditions de sa réussite. « Nous avons travaillé ensemble (école et APEMS). Nous avons vu – adultes comme enfants – ce qui peut être réalisé lorsque l’on ouvre plutôt que l’on ferme, lorsque l’on conçoit un possible sur lequel bâtir plutôt que lorsque l’on définit des limites pour garder chacun son petit bout de royaume. »(3)

De construction du collectif qui permet de mettre au cœur des débats les éléments essentiels du vivre ensemble à partir des trois droits pédagogiques de Bernstein (4) : le droit à être inclus socialement, intellectuellement et personnellement, le droit de participer et le droit à l’amélioration du potentiel de chacundans ce «  tiers lieu » tel que défini par Meirieu (5) ; ce lieu qui n’est ni celui de la filiation (famille), ni celui de la transmission progressive et exhaustive (l’école) mais qui est celui de l’engagement dans un projet collectif accepté et de l’expérience nécessaire de responsabilité assumée dans un groupe solidaire. Les enfants sont auteurs du conte et nommés en tant que tels mais ils savent que sans les autres le livre n’aurait pas été possible !

Et de bien d’autres choses encore car « L’histoire de ce livre, comme l’histoire du conte lui-même sont des histoires de réunions. En se réunissant, on permet des ouvertures qui sont des invitations à créer, et c’est important, parce que les projets sont des accélérateurs d’apprentissages d’une part, mais aussi parce que c’est en créant que l’on rend la vie étonnante »(6).

1. Extrait du discours de Michael Facchin lors du vernissage du conte, 8.09.2016.
2. SABATINI, A. (2016), La continuité éducative, une question de temps ? dans Les temps des apprentissagesQuelle continuités éducatives ?, Diversité no 183, pp. 102-105
3. idem 1
4. RANCON, S. (2016), Quelles logiques de la « complémentarité éducative » dans les PEdT ? dans Les temps des apprentissagesQuelle continuités éducatives ?, Diversité no 183, pp. 93-98
5. MEIRIEU, P. (2016), « L’enfant a besoin de discontinuités éducatives » dans Les temps des apprentissagesQuelle continuités éducatives ?, Diversité no 183, pp. 12-16
6. idem 1 

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