Le potager d’Alena

Printemps, période de renouveau qui me permet de glisser dans cette rubrique le livre d’une nouvelle pousse de la littérature jeunesse, Sophie Vissière, a qui l’on doit cet album frais et délicat.
Il émane de cet ouvrage, beaucoup de sérénité, avec un brin de nostalgie d’une littérature jeunesse d’un autre temps. Je pense plus spécialement à l’illustratrice Nathalie Parain, heureusement rééditée chez Mémo et que je vous ferai certainement redécouvrir.

Le lecteur est invité par une jeune narratrice à un voyage dans le temps. Je devrais plutôt dire dans plusieurs temps, celui de l’enfance, celui de la connaissance et celui du temps qui passe. Dès la première illustration, la fillette nous invite à regarder « à sa hauteur » le paysage par la fenêtre. Son sac d’école est prêt et nous partirons avec elle sur le chemin de l’école et de ses découvertes. Effectivement, dès la double-page suivante, le lecteur plonge dans une carte-paysage où l’on peut suivre du doigt la fillette et sa mère en chemin.

« Ce matin, comme tous les matins, pour aller à l’école, je passe avec maman devant un champ en friche ».

La deuxième page nous fait découvrir une grande femme penchée sur la terre. La petite narratrice nous dit: «  Ce que je ne sais pas, c’est que pendant que je suis à l’école, Alena la maraîchère s’occupe du champ…

Au fil du temps et toujours  en vue plongeante, notre fillette  observatrice témoignera de la transformation du champ avec, en alternance, tout le travail effectué par la jardinière-maraîchère. Cette construction de récit alterné entre ce que la fillette constate et tout ce qui se passe loin de ses yeux rythme et donne force à ce récit, à mesure que le temps s’égraine.

Un matin mère et fille se retrouvent au marché. Alena la maraîchère les accueille en disant : « Qu’est-ce que je vous sers cette semaine ? Tout vient de mon potager ! » La fillette rentre chez elle avec, dans son panier, les derniers légumes de l’été et l’assurance que l’année prochaine le champ se transformera à nouveau !

Tout comme les petites pouces sortent de terre, deviennent fruits et légumes, la fillette grandit, engrange les connaissances et se transforme.

De manière subtile aussi, les couleurs des illustrations changent imperceptiblement tout au long des pages.

A la dernière, une femme de dos faisant des confitures… Alena la maraîchère ou la fillette qui a grandi ? A vous de voir…

• VISSIERE, S. (2017), Le potager d’Alena, Paris : Helium

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