D’un monde à l’autre. Accompagner les petites et les grandes migrations dans les institutions de l’enfance.

Cette année nous fêtons les 20 ans de la ratification par la Suisse de la Convention des droits de l’enfant. De plus, le 21 mai est la « Journée mondiale de la diversité culturelle pour le dialogue et le développement ». Comment, dès lors, ne pas faire un point sur ce qui est étudié, réfléchi, mis en œuvre pour que tout enfant bénéficie des droits de cette convention et pour que chaque être humain puisse « reconnaître non seulement l’altérité sous toutes ses formes mais aussi la pluralité de son identité au sein de sociétés elles-mêmes plurielles » [1]. Impossible de faire une liste exhaustive des rapports et des recherches à ce propos et difficile d’exposer brièvement les notions de justice, de migration, de précarité, d’égalité, d’équité, de discrimination, etc. sans tomber dans des simplifications stériles.

Néanmoins, sous l’angle de l’éducation interculturelle, il est intéressant de savoir que dans les écoles en Suisse, un élève sur quatre est issu de la migration. Si on se situe du point de vue de l’école, la pédagogie antidiscriminatoire est encore peu développée dans le système éducatif et c’est plutôt dans le cadre de l’éducation aux droits de l’homme qu’elle apparaît. Une étude de Davolio et Drilling [2] conclut que le meilleur impact de la prévention du racisme s’observe quand les écoles, l’animation jeunesse et les autres acteurs de la commune travaillent en étroite collaboration et mettent en route des projets transversaux et à long terme.

Lorsqu’on attribue une grande valeur à la diversité culturelle à l’école, le point de vue des enfants est que le niveau de discrimination ressentie baisse et que leur estime de soi et leur motivation augmentent. Les résultats empiriques de la recherche remettent aussi en question l’image qui colle à la peau des parents immigrés, les disqualifiant en ne les estimant pas à la hauteur de leur rôle face à l’école. Cette image dévalorise, sur le plan moral, ce qui n’est bien souvent que la conséquence d’une condition sociale défavorisée, une image fausse et dangereuse quand elle sert à légitimer fatalisme et inaction.

Heureusement, des équipes de professionnel.le.s de l’enfance mènent quotidiennement auprès des enfants et de leurs parents des actions pour favoriser les interactions entre les différentes cultures en présence. La brochure « Un pas vers l’autre » [3] issue de l’exposition sur ce même thème présente diverses actions de plusieurs APEMS pouvant susciter des initiatives collectives et individuelles allant dans le sens du dialogue interculturel.

Il est donc nécessaire de continuer à s’interroger et indispensable pour tout acteur social de se former aux questions de discrimination pour porter un regard nouveau à la fois sur ses pratiques, ses institutions et les conceptions politiques sur lesquelles elles reposent ainsi que sur les évolutions sociales actuelles qui touchent les enfants et leurs familles [4].

[1] http://www.unesco.org/new/fr/unesco/events/prizes-and-celebrations/celebrations/international-days/world-day-for-cultural-diversity-for-dialogue-and-development-2016/

[2] Eser Davolio, M. (2015), Pédagogie antidiscriminatoire et éducation antiraciste à l’école. In : Equité – discrimination et égalité des chances au sein du système éducatif. Migration et origine sociale

, Berne : CDIP, pp. 141-148
Disponible en ligne ici.

[3] Un pas vers l’autre : Le dialogue interculturel dans les structures de l’enfance de la Ville de Lausanne, Lausanne : Ville de Lausanne, 2010
Disponible en ligne ici.

[4] Ott, L. (2016), Philosophie sociale : une philosophie pour tous les acteurs sociaux et éducatifs, Lyon : Chronique sociale

Abonnez-vous à notre newsletter

Contact

CREDE
Av. des Figuiers 28
CH - 1007 Lausanne
 
Tél 021 601 74 54
Fax 021 601 74 55
Email:

Plan d’accès

Bus ligne 1 ou 6, arrêt Maladière ou ligne 25, arrêt Maladière-Figuiers